Airbnb : est-ce toujours intéressant ?

Airbnb : est-ce toujours intéressant ?

Le site internet Airbnb, plate-forme de mise en relation de propriétaires de biens à louer en saisonnier et de voyageurs, a tout de suite trouvé de nombreux adeptes séduits par l’idée de partage communautaire. Si l’entreprise demeure florissante, force est de constater que le concept de base est désormais alourdi par de nouveaux frais et par quelques contraintes.

Airbnb à l’origine

En votre qualité de propriétaire d’un bien à louer, il vous est possible de le dédier à la location sur le site Airbnb. Le fort impact international de l’entreprise permettant de relier propriétaires et locataires en faisant abstraction des frontières et des problèmes linguistiques est la garantie de trouver une personne intéressée par votre bien. De plus, le paiement sécurisé par l’intermédiaire de la plate-forme est un gage de sérénité. A l’origine, le prix de la nuitée était le prix réel payé par le locataire. Sous l’effet du succès commercial rapide et incontestable, le tarif est venu peu à peu se charger de coûts annexes tels que des frais de service, des frais de ménage et d’une taxe de séjour, aboutissant à un accroissement sensible de la facture et rendant de fait l’offre moins concurrentielle par rapport aux services hôteliers. Même si certains touristes se sont alors tournés vers d’autres solutions, la demande reste suffisamment élevée pour envisager ce type d’investissement. Attention cependant aux contraintes administratives et juridiques venant désormais encadrer l’usage de ces plate-formes de location, dans le but d’en corriger les excès.

Les dérives constatées

La facilité d’utilisation et l’absence de contrôle des autorités publiques ont laissé libre cours à de nombreuses dérives de la part des propriétaires de biens, mais également de leurs locataires en titre. Attirés par la perspective d’un gain important, sensiblement supérieur au revenu locatif d’un bail classique, certains propriétaires ont dès lors choisi de proposer leur bien à la location sur la seule plate-forme Airbnb. La conséquence de ces nombreuses décisions a conduit à une réduction importante de l’offre locative dans les grandes villes qui pâtissaient déjà d’un déséquilibre en ce domaine. Quant à certains locataires indélicats, détenteurs d’un bail d’habitation classique, ils n’ont pas hésité à proposer leur logement sur le site Airbnb, empochant au passage un véritable revenu financier sur la base d’un capital ne leur appartenant pas. Afin de remédier à ces comportements, le législateur a décidé de prendre le problème à bras le corps.

Les interventions publiques

Sous la pression du secteur hôtelier des villes françaises, qui se plaignait d’une concurrence déloyale faite par Airbnb, les autorités municipales ont peu à peu instauré une taxe de séjour collectée par la plate-forme à chaque réservation de logement. Certaines ont complété ce dispositif par l’obligation faite à chaque propriétaire utilisant ce service de s’enregistrer au préalable. Cette contrainte vient en complément de l’impossibilité désormais faite aux bailleurs de louer leur bien au-delà de 120 jours par an, ceci pour éviter de tendre davantage le marché de la location.

Ces démarches initiées dans les grandes villes françaises sont progressivement adoptées par les communes de moindre taille, les habitants et les autorités locales n’appréciant pas globalement cet afflux d’arrivants quelquefois perturbateurs de la vie quotidienne. C’est ainsi que sont de plus en plus fréquemment brandis les règlements de copropriété excluant toute activité commerciale des locaux afin d’empêcher les locations saisonnières qui entrent dans le cadre d’une activité commerciale. La Mairie de Paris n’hésite pas, par ailleurs, à porter plainte contre Airbnb et les autres plate-formes de location saisonnière similaires dès que ses équipes de surveillance dédiées constatent un manquement aux règles.

Enfin, un amendement législatif adopté en 2016 prévoit des sanctions pénales et financières contre toute personne qui loue son logement sur Airbnb et les sites analogues, sans avoir obtenu l’autorisation de son propriétaire, ce dernier ayant de plus le droit d’exiger l’expulsion du contrevenant.

Des recours auprès de la Cour de Justice Européenne

Les contraintes administratives imposées par certains pays, notamment la France, sont contestées auprès de la Cour de Justice Européenne. Cette dernière a été saisie de plusieurs affaires portant sur le statut commercial d’Airbnb qui ne se considère pas professionnel de l’immobilier, ou sur la contestation de la légalité des autorisations imposées. Nul doute que les délibérations communautaires feront jurisprudence et pourraient remettre en question les décisions déjà prises par le législateur national.

La fiscalité en question

Après une période de flou fiscal, le législateur impose désormais que les revenus locatifs saisonniers soient déclarés, au même titre que la perception de loyers en meublé et sont donc soumis à imposition.

Pour conclure

En dépit de l’augmentation de l’offre à vitesse grand V qui a poussé le secteur public à réagir, réglementer et prendre des sanctions, la location meublée non professionnelle demeure une option très intéressante. Vous pouvez donc décider de louer votre bien immobilier sur Airbnb durant 120 jours par an profitant ainsi de substantielles rentrées, même si celles-ci sont érodées par les frais et taxes, puis d’en disposer le reste du temps.

Si vous préférez vous assurer un revenu plus régulier, il vous est possible d’investir dans une résidence de services destinée aux étudiants ou aux seniors et bénéficier d’avantages fiscaux intéressants, ou encore placer votre capital dans l’achat d’appartements suffisamment grands pour accueillir plusieurs colocataires dans une ville étudiante, où la pénurie de logements se fait cruellement sentir.

 

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